Invisible

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Robert Pobi

Traduit de l’anglais (Canada) par Fabrice Pointeau

Editions Sonatine – 426 pages – 2012

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 L’extrait :  « Contrairement aux descendants du clan Wyeth, le fils de Jacob Coleridge n’était pas foutu de tracer un trait droit. Jake, cependant, était capable de faire des choses remarquables. Son véritable talent – encore plus grand que celui de son père – était sa capacité à peindre les derniers moments de la vie des autres. et grâce à cette aptitude mystérieuse et souvent effrayante, Jake cole était très doué pour traquer les monstres. »

L’histoire :

Jack Cole revient à Montauk, Nouvelle-Angleterre, car son peintre de père atteint d’Alzheimer est à l’hôpital. Travaillant en indépendant pour le FBI, il est contacté par le shérif local pour l’aider sur le cas d’un double assassinat particulièrement sauvage, Jack va vite soupçonner son père d’en savoir long sur l’identité du meurtrier. Celui-ci n’étant pas des plus opérationnels, c’est peut-être vers les 5000 tableaux maniaquement peints dans la demeure familiale que Jack trouvera la solution à son énigme. Le fait qu’une tempête d’anthologie pointe le bout de sa truffe à ce moment-là n’est bien sûr pas idéal à l’enquête.

L’avis de Valérie :

Le premier sentiment que l’on éprouve pour Jack Cole, c’est de la sympathie, puis vient l’empathie car être le fils d’un artiste talentueux mais perturbé (et je ne parle pas de sa maladie d’Alzheimer) ne doit pas être une sinécure. Puis une certaine admiration pour la ténacité et la rage qu’il déploie à mener à bien son enquête, malgré la tempête, malgré son père… Je sais, c’est le héros, me direz-vous, mais tout de même…

L’auteur nous balade de meurtre en meurtre, tandis que l’ouragan approche et que la tension monte.

Ce livre m’a rappelé « Les Visages » de Jesse Kellerman, paru chez Sonatine aussi : pour la plongée dans l’univers familial du héros d’une part mais surtout pour le secret que ce dernier tente de trouver dans les tableaux.

Cela fait un moment que je n’avais pas été à ce point happée par un thriller, angoissée et avide de connaître le dénouement.

J’ai adoré cette histoire et la fin, à laquelle je ne m’attendais pas du tout, m’a laissée sans voix.

Quel plaisir que ce livre ! C’est pour lire ce genre d’histoires que j’aime m’occuper du rayon Polar.

L’avis d’Yvain :

Les lecteurs de polar le savent : plus on lit, moins on est surpris. Des indices mineurs deviennent évidents, les fausses pistes sont de plus en plus facilement repérables et l’impression de claustrophobie latente aux bons thrillers peut sembler redondante. Les éditions Sonatine, dont ce blog est fan inconditionnel depuis la découverte d’un certain Roger Jon Ellory et de son « Seul le silence », ont pourtant le chic pour dénicher des auteurs qui font sortir le genre hors des sentiers battus, tel ce « Invisible » de très haute volée.

Je suis plutôt content d’avoir lu ce roman d’une traite, et en pleine journée ensoleillée, parce que, je le dis sans honte et même avec un certain plaisir pervers : j’ai flippé comme rarement. Ambiance glauque, personnages barrés, écriture poisseuse, je n’avais pas ressenti autant de stress lors d’une lecture depuis « Au delà du mal » de Shane Stevens. (Oui, j’ai bien conscience de faire un peu louche en tenant ce genre de propos, mais on ne lit pas ce genre de livres pour les potentielles descriptions de cerisiers en fleurs, non ?).

La fin m’a littéralement bluffé. Il n’y a vraiment qu’en littérature qu’on apprécie à ce point là d’avoir été pris pour un crétin pendant toute une journée…

Bref, un auteur à suivre, dont j’attends avec impatience les prochaines traductions.

Pour qui :

Pour les amateurs de frissons

Pour les mordus de peinture, personnage central de ce roman.

Pour ceux qui aiment réaliser au bout de trente pages que là, c’est mort pour faire quoi que ce soit d’autre de leur journée

Pour ceux qui apprécient qu’un personnage principal ait des aspects sombres, voire sombrissimes, et qu’on hésite à l’apprécier ou non.

Pour les fans de Sonatine et de leurs polars originaux avec le « petit truc en plus qui va bien »

 

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